Frissons Nature Photo

20 mai 2017

LE RETOUR DE LA PIE-GRIECHE ECORCHEUR

A cette période de l'année, la majorité des oiseaux migrateurs sont de retour dans nos contrées et leur cycle de reproduction est déjà bien entamé pour la plupart. C'est pourtant cette période que choisit la PIE-GRIÈCHE ÉCORCHEUR pour rejoindre sa zone de nidification. Elle est partie de l'Ethiopie ou de la Somalie, a remonté la Péninsule Arabique, traversé le Moyen-Orient et la Turquie, pour finalement venir nicher dans le nord de la Moselle. Je l'attendais comme l'année dernière vers la mi-mai, sur un secteur auquel elle est fidèle tous les ans, mais mon ami Christian a lancé l'alerte " PGE ", le 1er mai dernier. En avance sur le calendrier, le couple était déjà réuni.

Présentation:

Le mâle, le plus coloré des deux, est le plus observé. Il arbore un manteau brun roux, une calotte et un croupion gris cendré,une queue noire bordée de blanc et un ventre d’une couleur rose vineux, plus ou moins intense. Le bec est crochu et les pattes sont noirs. Son signe de reconnaissance: un masque noir de "bandit des grands chemins" d'où son surnom de "Bandit masqué".

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La femelle est beaucoup plus terne que son partenaire, un peu couleur "moineau" avec un dessus plus ou moins brun-roussâtre. Son masque facial est de la même couleur que son plumage. Son dessous est d’un blanc cassé crème, marqué en écailles.

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 L'habitat de reproduction de la Pie-grièche écorcheur présente toujours deux caractéristiques indispensables. Il doit d'une part être pourvu d'arbustes ou de buissons touffus favorables à la nidification (épineux comme les prunelliers, aubépines et églantiers,...) et d'autre part, il doit être assez ouvert, avec un accès au sol facile, pour la chasse. Avec Christian, nous suivons ainsi un couple qui revient tous les ans, sur un secteur qui réunit toutes ces conditions.

C'est le mâle qui arrive le plus souvent en premier et c'est lui qui propose un coin de nidification à la femelle. Pour l'attirer et malgré son caractère farouche, il n'hésite pas à se montrer en évidence sur un perchoir exposé, où il se fait remarquer par ses cris caractéristiques. Par cette attitude, Il affirme aussi sa présence sur le territoire et décourage d'éventuels concurrents.

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Dès l'arrivée de la femelle, les Pies-grièches n'ont plus de temps à perdre pour s'occuper de leur reproduction. Le couple inspecte ensemble le moindre buisson épineux ou le moindre roncier, qui pourrait abriter leur nid.

Vaut mieux aimer les piquants!

A la recherche d'un logement:

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Jusqu'à présent, j'étais toujours en retard de quelques jours, pour assister à une scène marquante de la vie des PGE: la parade nuptiale. Pas cette année, la preuve que la persévérance finit toujours par payer.  En inspectant les ronciers, entre deux séances de chasse, le couple se retrouvait souvent face à face sur la même branche.

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Puis très brièvement, le mâle fort de ses belles couleurs, commençait à faire le beau devant sa belle, dressant son corps à la verticale

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il exhibait la belle teinte rose de son poitrail et sa queue bicolore

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et semblait littéralement danser devant sa future partenaire

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Un autre comportement qui joue certainement un rôle dans les parades utilisées pour attirer les femelles: la chasse.

En effet, les femelles préfèrent choisir des mâles capables d’apporter suffisamment de proies au nid pour nourrir les jeunes. Pour prouver ses capacités de chasseur, le mâle entrecoupait régulièrement ses danses de séducteur, de périodes de chasse à l'affût, pendant lesquelles il plongait sur des proies au sol ou s'élançait en l'air, pour happer un insecte en vol.

La quantité d'insectes attrapés est impressionnante.

-Le mâle décortiquant un hanneton-

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Les proies sont destinées à la consommation personnelle et servent parfois d'offrande à la femelle.

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Elles peuvent également être stockées sur des "lardoirs", les jours fastes quand elles abondent. L’oiseau empale alors ses proies sur des branches épineuses ou des fils de fer barbelés pour constituer des réserves.

A défaut de couvert pour dépecer une prise plus imposante, la Pie-grièche écorcheur empale aussi ses proies sur ces épines qui l'entourent, afin de faciliter leur dépeçage. Comportement qui explique son nom "d'écorcheur".

-Le mâle empale un frelon dans une épine pour mieux le déchiqueter et l'avaler-

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Son régime alimentaire est constitué de gros insectes, comme les Coléoptères, les Orthoptères ou autres invertébrés, et de petits mammifères (campagnols), des oiseaux et des reptiles. Comme ce régime doit être en partie indigeste, la Pie-grièche, à l'instar de beaucoup d'autres oiseaux, recrache périodiquement par le bec, des pelotes de réjection, qui sont des boulettes faites des débris non digérés des proies avalées.

-le mâle crachant sa pelote de réjection -(photo prise par Christian)-

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 - la femelle n'est pas en reste dans ce comportement-

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Dix jours après ces retrouvailles, les parades avaient cessé et le couple était certes visible mais moins expressif

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L'emplacement du nid est certainement retenu car la femelle commençait à ramener des matériaux qui devrait améliorer le confort intérieur dans ce milieu épineux.

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Pendant ce temps, le mâle montait la garde (sur une patte)!

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Le succès de la reproduction dépend de trois facteurs essentiels, variables dans le temps et dans l’espace : le dérangement,  la pression de prédation sur les œufs et les poussins et les conditions météorologiques. 

Ne pouvant pas agir sur les deux derniers facteurs, nous éviterons toutefois tout dérangement dans les 15 jours à venir, le temps crucial de l'incubation. Passé ce délai, nous tenterons de retrouver le couple de PGE, qui doit assurer le ravitaillement, avant de voir l'envol des petits à l'âge de deux semaines. Ils resteront sur place avec les parents et entameront leur première migration vers l'Afrique, dès le mois d'août.

Je tiens aussi à préciser que toutes les photos présentées, ont été prises depuis notre affût roulant, la voiture, qui est très bien acceptée par l'oiseau.

Peut-être à plus tard pour la suite de cette histoire qui vous inspire d'ores et déjà un commentaire...

A bientôt.

 

 

 

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13 mai 2017

LA CHOUETTE HULOTTE

Combien de fois l'ai-je entendue, combien de fois depuis tout gamin, l'ai-je imitée en soufflant dans mes mains jointes et combien de fois l'ai-je espérée mais jamais rencontrée et encore moins photographiée; elle c'est la fameuse CHOUETTE HULOTTE,  le rapace nocturne le plus répandu en France, que l'on l'entend plus qu'on ne le voit.

Mais ça c'était avant le 09 mai dernier, quand lors d'une sortie "Pics"avec mes amis Claude et Christian, notre trio a conclu une superbe journée par cette coche photographique inattendue:

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Occupés à suivre le ravitaillement d'un couple de Pics noirs, nous avions régulièrement entendu un "kievitt", cri caractéristique de la Hulotte, qui venait de quelques vieux chênes situés près de la loge du Roi des Pics. En fin de journée, sur le chemin du retour, nous nous sommes intéressés à ce secteur en nous postant à différents endroits. ous avons trouvé l'auteur des cris, posté dans la canopée des grands arbres qui nous entouraient.

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  C'est un oiseau de taille moyenne, à la silhouette trapue qui dégage une certaine impression de puissance. Le plumage de la Hulotte est tacheté gris, brun, avec une dominance de roux sur le dessus et beige sur le dessous. Sa tête est ronde et massive et ses yeux sont foncés. Ils laissent entrer entre 2 et 3 fois plus de lumière que l’œil humain, ce qui permet de chasser de nuit dans une obscurité presque totale. Cette vue perçante est complétée d'un système auditif renforcé par un masque facial qui sert de parabole sonique et qui oriente et amplifie les ondes sonores vers les conduits auditifs.

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La Chouette hulotte est un redoutable chasseur nocturne que l'on peut rencontrer dans les boisements et forêts, de basse et moyenne montagne, comme en plaine. Elle apprécie tout particulièrement les forêts de feuillus riches en proies, les vieux arbres, les chênes plus ou moins garnis de lierre. Elle est aussi présente au beau milieu des villes et des espaces colonisés par l’homme, à condition toutefois qu’elle y trouve de vieux arbres creux pour nicher et s'y dissimuler.

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Cette forte présence de la Hulotte tient principalement à son régime alimentaire très varié et éclectique, elle attaque ce que le milieu lui offre, allant de la limace aux rongeurs en passant par des batraciens, des insectes et des petits passereaux.

C'est l'affolement de ceux-ci qui nous l'a fait découvrir, à l'instar de la Chevêchette, autre prédatrice observée dans le Haut-Doubs; dont les déplacements sont toujours ponctués de cris d'alerte des petits oiseaux qui l'entourent et la harcèlent pour la faire fuir.

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Les scènes de chasse sont rares en journée car la Hulotte est sensible à la lumière qui l'éblouit. C'est pour cette raison que nous avons plutôt assisté à deux de ses occupations diurnes préférées: 

- prendre un bain de soleil, face tournée vers l'astre et les yeux clos.

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  - somnoler couchée sur une branche en s’appuyant sur ses poignets.

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 Les couples de Hulotte sont unis jusqu’à ce qu’un des deux partenaires meurt. Cette fidélité au couple est d’abord due à la fidélité au territoire. Une fois établit sur un territoire, elle ne le quitte plus et le défend farouchement contre les intrus. Depuis son poste d’observation, elle scrutait ainsi tous nos mouvements. Bizarre de se sentir ainsi observé...

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A cette époque de l'année, la couvaison assurée seule par la femelle, doit être arrivée à son terme et les oisillons vont être nourris au nid pendant une trentaine de jours. Les jeunes de l’année quittent le nid vers 1 mois avant de savoir voler. Ils se cachent dans les branchages et restent sous la dépendance alimentaire de leurs parents pendant encore 2 mois. Leur émancipation se fera en été, en juillet et août vers l'âge de 3 mois.

De belles perspectives pour revenir dans cette forêt dans les semaines à venir.

Si cette rencontre vous inspire un commentaire, n'hésitez pas à le partager.

A bientôt.

 

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05 mai 2017

LA NOUVELLE FAMILLE " PIC EPEICHE".

Comme tous les ans au début du printemps, je pars à la recherche de sujets que j'aimerai bien suivre pendant la belle saison. Les destinations sont aussi multiples que les espèces et si le choix du terrain nous revient, avec toutes les précautions d'approche et aptitudes d'observation; c'est Dame Nature qui nous offre la plupart du temps, l'opportunité de rencontrer l'un de ses protégés et souvent ce n'est pas celui que l'on recherchait...

C'est dans ce but que je parcours depuis fin février, une grande parcelle forestière où j'entends et vois assez régulièrement le Pic noir. Mais cette année encore, pas de trace de loge du roi des Pics sur ce secteur. A force d'avoir le nez en l'air et les oreilles grandes ouvertes, j'ai pourtant repéré une multitudes de "petits" trous, récents ou plus anciens, qui pourraient faire le bonheur de Pics plus petits et moins nobles que le géant noir.

Début mars, pour avoir entendu des cris d'alarme en m'approchant d'un de ces arbres à pics (comme je les appelle), j'ai décidé de m'assoir, en partie dissimulé sous un filet, sur un tas de bois, à bonne distance du tronc. Une petite demie-heure d'attente, sans un bruit ni mouvement et la bonne surprise se produisit: un Pic épeiche s'était  envolé du trou que je surveillais, immédiatement remplacé au bord de celui-ci par un mâle qui venait prendre son tour pour couver. Une belle découverte!

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Certes le Pic épeiche est le plus commun des picidés, celui qui est le plus couramment photographié dans la famille, mais avoir l'opportunité de suivre un couple dans la belle aventure d'une couvée, me plaît bien. Il va falloir y consacrer du temps et surtout prendre toutes les précautions pour déranger le moins possible cette petite famille.

Le 20 avril, le couple se reliait toujours pour couver avec un manège bien précis. L'oiseau qui était hors du nid s'approchait discrètement du tronc, en essayant de se dissimuler à ma vue,

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rapidement, il poussait de petits cris qui invitaient le partenaire "couveur" à libérer la place. Ce scénario se reproduisait toutes les demies heures.

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En retournant le 29 avril sur place, changement d'ambiance. Le temps de m'installer, j'entendais le cri d'alarme du Pic. Vite dissimulé sous mon affût, je vis jaillir du trou l'un des adultes, de suite remplacé sur le tronc par son partenaire (le mâle), le bec débordant d'insectes. Les petits étaient nés.

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Le travail de nourrissage respecte également un rite bien précis. L'oiseau qui apporte la nourriture reste dans le nid pour nourrir et réchauffer les petits, pendant que le partenaire part à la recherche de proies. Quand il revient, un petit appel près du trou et l'autre lui cède sa place. Ce ballet se répète ainsi toutes les 4-5 minutes mais dans les jours à venir ce rythme va encore s'accélérer.

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La sortie du trou se fait à une vitesse impressionnante, qui met à mal la dextérité de nombreux photographes, dont la mienne.

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La fréquence de passage permet toutefois de faire ses gammes.

-Coucou je suis là-

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-et moi, je suis parti-

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- Me voila de retour -

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Les adultes ne font que se croiser sur le pas de la porte de la loge.

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A chaque fois, le départ est fulgurant dans une explosion de couleurs.

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La femelle partie, le mâle peut prendre tranquillement sa place dans le nid et distribuer les friandises qui débordent de son bec.

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J'ai changé ma tente de place. Le mâle a l'air surpris et hésite quelques instants

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avant de se lancer et de reprendre le rituel du nourrissage.

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Dans les prochains jours, le rythme va nettement s'accélérer et bientôt les petits montreront leur frimousse à l'entrée du trou, dans lequel les adultes ne pénétreront plus que pour faire le ménage. L'envol des jeunes Pics épeiches devrait se faire dans une petite dizaine de jours.

Encore de beaux moments à partager !

En attendant, merci d'avance pour votre passage et pour le commentaire qu'il vous a peut-être inspiré.

A bientôt pour la suite de cette aventure.

 

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01 mai 2017

LE GRAND JOUR POUR LES PETITS CINCLES PLONGEURS.

Depuis le printemps 2013, j'ai la chance de pouvoir suivre durant la belle saison, les évolutions de plusieurs CINCLES PLONGEURS sur trois cours d'eau de ma région. Cet oiseau me fascine et dès mars, je pars tous les ans à sa recherche sur les berges de ces rivières auxquelles il reste fidèle.

Parfaitement bien décrit par Gilbert Blaising: "Voici un oiseau étonnant et unique parmi les passereaux. De la taille d'une grive ou d'un étourneau, comme eux il sait se percher, trotter à terre et voler, mais d'un vol très rapide et tendu comme une flèche. Il pratique avec maestria la plongée, la nage et la marche sous l'eau. Et ce, qui plus est, dans les eaux rapides, tumultueuses et bouillonnantes des torrents et ruisseaux, son domaine quasi exclusif. Il y évolue toute l'année sans nous quitter, même en hiver par des froids rigoureux".

Son portrait:

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En Lorraine, l'hiver est encore rigoureux et les torrents et autres ruisseaux à eaux rapides sont plutôt vosgiens que mosellans. Les rares rivières ou ruisseaux à courant rapide de mon secteur nord-mosellan et voisin, offrent pourtant de belles opportunités pour observer cet oiseau unique par son comportement. C'est en attendant le Martin pêcheur sur ma petite rivière préférée, en mars 2013, que j'ai pu photographier, certes de loin, mon premier Cincle plongeur local. Il s'adonnait avec entrain  à son exercice favori : plonger.

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Le Cincle plongeur passe sa vie près, dans et sous l'eau. C'est un insectivore qui se nourrit d'insectes et de larves aquatiques, de petits crustacés, de mollusques et de vers. Il se nourrira sur les berges en période de crue mais en période normale, c'est sous l'eau qu'il ira se servir.

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Quelque soit la force du courant, le Cincle plongeur est capable de marcher et de voler sous l’eau pour capturer ses proies.

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La parade pour attirer la femelle a lieu en février-début mars:  Les deux partenaires dansent l’un autour de l’autre, le corps dressé et en chantant. Lorsque la femelle accepte la nourriture que lui présente le mâle, la formation du couple est terminée.

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J'ai aussi pu l'observer lors de la construction de son nid, une grosse boule de mousse, dont l'entrée se fait par le dessous

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Il est souvent garni de feuilles mortes et se trouve fréquemment sous ou à proximité d'une chute d'eau ou d'un pont.

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A la recherche du "matelas" du nid.

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J'ai assisté à de nombreuses scènes de ravitaillement au nid par les adultes.

En eau calme

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Près de la chute d'eau, qu'il devait traverser pour rejoindre les petits au nid.

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Cette année, j'avais retrouvé l'un de "mes" couples qui avait eu le malheur de voir son nid emporté par la crue du printemps dernier. Peu importe, ils sont revenus sur le même site, en changeant uniquement de place et en optant pour un support moins exposé au courant.

Le 10 avril dernier, le nourrissage battait déjà son plein et il fallait être vigilant pour ne pas rater l'envol des petits.

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C'est mon ami Christian qui a lancé l'alerte "envol des Cincles" en découvrant le lundi 24 avril, cette petite famille fraîchement envolée.

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En réalité, quatre petits Cincles venaient de quitter leur nid et faisaient leurs premiers pas dans la "vraie" vie, scène qu'il m'était enfin possible de photographier.

Le plus téméraire dans son nouvel environnement

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Deux timides qui préfèrent une cavité dans la berge.

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Jusqu'au milieu de l'après midi, les jeunes Cincles sont restés dans un rayon de 10m autour du nid, attendant et réclamant la becquée.

- J'ai faim !!!! -

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- Le parent arrive -

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- La becquée tant réclamée -

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Ces scènes se sont reproduites toutes les 4 - 5 minutes, le temps aux adultes de trouver la nourriture pour les petits affamés.

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- Et moi, je n'ai rien reçu !!! -

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Les petits avaient vite compris que plus ils étaient "visibles" et mieux ils seraient repérés par l'adulte lors de sa venue. Il fallait donc bouger et se montrer, quitte à s'éloigner petit à petit du "jardin" familial.

Lui s'est perché bien en vue, au pied de la cascade

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et ça a marché

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Celui-là préfère la grimpette pour se montrer, alors qu'un timide reste en retrait sur la berge.

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-Position gagnante-

A peine nourris, les petits affamés en veulent encore, donnant l'impression de continuellement "engueuler" leurs pauvres parents engagés dans un va-et-vient incessant.

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Le plus téméraire s'éloigne de plus en plus du secteur natal en longeant la berge

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Profitant du moindre perchoir exposé pour se montrer

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et pour y être repéré et récompensé

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En fin de journée en quittant les lieux, j'ai retrouvé le plus intrépide à une bonne quarantaine de mètres du nid, perché au soleil et attendant la becquée, qui sera encore assurée par les parents pendant une quinzaine de jours.

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Après cette période, les jeunes Cincles tourneront le dos à leur site de naissance et chercheront leur propre territoire, souvent à proximité et sur le même cours d'eau.

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Même si le Cincle plongeur n’est pas très farouche et tolère bien l'homme à proximité du ruisseau; il lui faut malgré tout des tronçons de cours d’eau abrités des dérangements, pour la recherche de nourriture et la nidification. Il ne supporte, en particulier, pas la présence d’humains ou de chiens dans le cours d’eau lui-même, sur une longue durée ou à répétition. Cette nuisance humaine est certainement à l'origine de la fuite d'un des couples de Cincles plongeurs que je suivais sur un ruisseau prisé par des promeneurs, baigneurs et autres pique-niqueurs...

Alors savoir que sur une autre rivière, quatre jeunes vont bientôt faire entendre leur chant mélodieux avec en fond sonore le doux bruit du courant, me remplit d'aise et je peux dire que je ne suis pas le seul dans ce cas...

Merci d'avance pour votre commentaire sur la nouvelle vie de ces jeunes Cincles plongeurs.

A bientôt.

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15 avril 2017

TROISIEME SAISON AVEC LES FAUCONS CRECERELLES

Cette histoire a commencé en mars 2015, avec la découverte d'un perchoir sur lequel se trouvait un couple de Faucons crécerelles.

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Vu le secteur, j'avais vite compris que ce perchoir se trouvait près de leur site de nidification. Comme les couples de Faucons crécerelles nichent tous les ans sur le même site, j'avais de suite installé, avec mon ami Christian, une tente affût dans un haie bordant leur terrain de chasse, face à leurs perchoirs préférés. Nous avons ainsi pu suivre pendant deux saisons la vie de ces petits rapaces, de l'offrande du mâle à l'envol des jeunes.

C'est avec un grand plaisir que je les ai retrouvés, le 23 mars dernier, fidèles à leur "maison".

Le mâle reconnaissable à sa queue grise avec quelques barres noires, son dos roux moucheté de noir et surtout sa tête gris bleuté et finement striée.

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La femelle est un peu plus grande que le mâle, est brune avec le dos et la queue barrés de noir et teintée de gris. Contrairement au mâle, sa tête est ocre-brun et nettement striée. 

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Cette année, nos petits rapaces sont en avance d'une quinzaine de jours sur les rites observés en 2016.

A cette période de l'année, le site de nidification a été retrouvé par le couple de Faucons qui s'adonne encore aux parades nuptiales où le mâle vole et décrit des cercles tout en criant,  au-dessus de la femelle perchée. Pour obtenir ses faveurs, il lui offre régulièrement de la nourriture, qu'il dépose près d'elle ou sur un de leurs perchoirs.

(Photo de mars 2015 du mâle avec un campagnol dans le bec)

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La femelle ne résiste guère longtemps au mets proposé

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qu'elle semble vraiment apprécié.

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En moins de 3mn, la proie a été engloutie puis la femelle semble rechercher le mâle

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Soudain trois - quatre cris retentissent au dessus d'elle et de suite, elle rentre sa tête et s'applatit sur sa branche

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pour accueillir son partenaire sur son dos

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Contact établi...

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Les ébats peuvent commencer

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malgré l'équilibre instable

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et malgré le voyeur qui mitraille sous sa tente

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En 11 secondes chrono, l'affaire a été conclue.

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Laissant la Belle toute ébouriffée

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Une heure après avoir disparu, elle était de retour sur le perchoir attendant son chevalier servant qui traîna pour revenir, faute de proie

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Mais elle ne lui tint pas rigueur et accepta un nouvel accouplement, juste au moment où je quittai les lieux.

Pour me faire pardonner, je vous présente une photo du premier accouplement prise en début de semaine, au même endroit sur un autre perchoir.

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Très bientôt, la femelle sera retenue par la couvaison alors que le mâle continuera de l'alimenter pendant près d'un mois avant l'éclosion des 4-5 oeufs pondus. Madame Crécerelle ne commencera à quitter le nid qu'une quinzaine de jours après l'éclosion, lorsque l'appétit des jeunes nécessitera que les deux parents partent en chasse.

Encore de bons moments en perspective en évitant de déranger Madame dans cette période sensible.

Merci d'avance pour vos commentaires.

A bientôt.

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03 avril 2017

VIREE ENTRE AMIS CHEZ LA CHEVECHETTE D'EUROPE

Le 06 mars dernier, j'avais consacré un message à ma première rencontre avec une relicte glaciaire, la plus petite chouette de nos montagnes, la rare CHEVÊCHETTE D'EUROPE.

Pour l'avoir étudiée et tant cherchée, je savais que j'avais encore quelques chances de la revoir à cette période de l'année, avant qu'elle ne devienne discrète, voire secrète courant avril, avec le début de la nidification.

C'est fort de cet espoir de retrouvailles, que je suis retourné dans le Haut-Doubs, fin de semaine dernière, pour un court séjour de 3 jours strictement consacré à la photo et accompagné par mes amis Christian et Claude, qui n'avaient jamais rencontré le plus petit rapace nocturne européen.

Les photos qui vont illustrer ce message sont l'oeuvre de nous trois car chacun, de son poste, avait un angle de vue différent sur la Chevêchette, qui elle était unique.

Nous nous sommes rendus dès le premier soir sur les deux sites où un mois plus tôt, je l'avais entendue chanter. Mais c'était le calme plat.

Le lendemain matin, retour aux aurores sur le site où je l'avais photographiée et là, au bout d'une demie-heure d'attente, nous avons enfin entendu ce petit "diu" monotone, provenant du fond de la pessière puis se rapprochant jusqu'à l'apparition suivante, à la cime d'un sapin de plus de 20m de haut.

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Elle nous avait repéré mais notre présence ne semblait pas la déranger. Du haut de son poste d'observation, elle s'est mise à chanter

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gonflant son jabot

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sans oublier de surveiller les alentours

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parfois bien irritée par les Mésanges, Pinsons ou autres Becs croisés qui ne cessaient de piailler autour d'elle.

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Nous attendions tous les trois son envol et c'est Claude qui a pu immortaliser son plongeon vers les basses branches.

Décollage:

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Le plongeon

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Un réel exploit photographique.

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Ce plongeon l'a mené vers les frondaisons sombres et fournies de ces grands sapins blancs. Il fallait la retrouver et c'est Christian qui l'a repérée.

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Claude avait un oeil qui l'observait. Impressionnant !

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avant de pouvoir saisir ce portrait

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De mon coté, la Chevêchette offrait un autre profil

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toujours intriguée par les passereaux qui la harcelaient.

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l'obligeant constamment à changer de poste

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pour le bonheur de l'un ou de l'autre de nous trois.

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Le lendemain matin nous étions à nouveau au rendez-vous et notre "Belle petite" s'est à nouveau manifestée par le chant mais sans trop se montrer si ce n'est perchée en haut d'un majestueux sapin.

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Quelle aventure pour trois amis passionnés de photographie et de nature!

Nous avons passé trois jours dans un environnement exceptionnel et bien préservé, à n'avoir d'autre préoccupation que d'écouter, d'observer et de photographier, à l'occasion, ce petit monde qui nous entourait.

Je crois que nous n'oublierons jamais les frissons de cette rencontre...

Merci d'avance pour vos commentaires et à bientôt.

06 mars 2017

RENCONTRE D'UNE RELICTE GLACIAIRE DANS LE HAUT-DOUBS/ LA CHEVÊCHETTE D'EUROPE

Combien de fois ai-je lu et relu ce chapitre de Paul Géroudet, dans son recueil sur les Rapaces diurnes et nocturnes d'Europe.

"Qui connaît cet elfe minuscule et féroce, dont l'existence solitaire se cache au sein des vieilles forêts? Sa rencontre est l'affaire du hasard ou le fruit de longues recherches; seuls quelques initiés savent le découvrir quand il veut bien se faire entendre sur les marges de la nuit. Introuvable quand il se tait, c'est par sa voix qu'il nous met sur sa piste. C'est ainsi qu'un soir de juin, dans l'Oberland bernois, mon ami W. Thônen m'avait mené sur une éminence dominant les sapins d'une combe. Là, il se mit à égrener des appels sifflés et bientôt une réponse s'éleva au loin, de plus en plus assurée, plus proche. Tout à coup, elle retentit au dessus de nos têtes...La CHEVÊCHETTE était là, une miniature de chouette ".

Je viens de passer ma traditionnelle semaine dans le Haut-Doubs où j'espère rencontrer cet oiseau mythique depuis des années. En suivant les conseils de P. Géroudet et ceux de Daniel Rodrigues, dans l'excellent dossier nature : Chevêchette d'Europe du numéro 80 d'avril-juin 2015, de la revue Image&Nature et en respectant les consignes données par la LPO dans le cahier technique " Petites Chouettes de montagne";  j'ai enfin réalisé ce RÊVE.

Comme je n'avais qu'une semaine (réduite à 4 jours en fonction des chutes de neige) pour la repérer; je devais mettre tous les atouts de mon coté pour ne pas perdre de temps ou m'aventurer dans des secteurs non appropriés à la Chevêchette. Les difficultés de découverte de la chevêchette tiennent aussi bien à l’accès difficile des zones de présence de l’espèce dans les forêts d’altitude, qu’à sa discrétion et sa faible taille.

Avant de partir,

  • j'ai recherché sur carte, les vieilles forêts de conifères, froides et humides du secteur.
  • J'ai appris que fin février - début mars était la période propice aux premiers chants du mâle qui portent à 500m.
  • Qu'en cas de neige ou de vent fort, la Chevêchette ne chantera pas car son chant ne portera pas.
  • Que le mâle chante plutôt à l'aube et au crépuscule mais qu'il peut aussi se manifester en pleine journée.
  • Que les petits passereaux, proies fréquentes du rapace, alarment dès qu’ils entendent ou voient la Chevêchette
  • Que c'est un oiseau extrêmement discret qu'on ne peut pas voir si on ne le cherche pas, à moins d'avoir une chance inouïe.

    • Fort de ces renseignements, j'ai effectué 5 sorties dont 3 matinales et c'est lors de ma première que la rencontre s'est faite. Après 3 heures de "crapahutage", de repasse et d'écoute tous les 400m, j'ai enfin entendu ce petit "diu" monotone, répété toutes les demi-secondes; d'abord au loin puis, comme pour P. Géroudet, de plus en plus proche avant d'avoir cette vision, dans l'enchevêtrement des branches d'un conifère.
    • C'était elle !
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Comme toutes les chouettes nordiques, la Chevêchette se montre confiante envers l'homme, ce qui m'a permis de l'observer, debout près d'un arbre, pendant un bon quart d'heure.

La Chevêchette est la plus petite espèce de rapace nocturne d’Europe. Sa taille atteint celle d'un étourneau avec une longueur de 16 à 17cm pour le mâle et 18 à 19cm pour la femelle. Le plumage sur le dos est brun gris ponctué de blanc alors que la poitrine est blanchâtre avec de fines rayures verticales.

 

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Sa silhouette est ronde et ramassée et elle a l'air renfrognée avec sa tête rentrée dans les épaules. Les yeux jaune d'or sont surmontés de gros sourcils blancs qui lui donnent cette dureté dans le regard.

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Sa tête "carrée" caractérise son excitation après avoir entendu un rival.

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 Cette adorable boule de plumes est un redoutable tueur de passereaux et c'est pour cette raison qu'elle est toujours entourée d'oiseaux qui n'arrêtent pas de lancer des cris d'alarme à son encontre. Ils connaissent le danger et n'hésitent pas à la harceler, comme cette Mésange nonnette qui la frôle.

 

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Pendant les quelques minutes passées avec elle, ce sont surtout ces éventuelles proies qui attiraient son attention.

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et la faisaient changer de perchoir.

 

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sans se soucier du photographe comblé qui était à ses pieds.

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La Chevêchette est bien une relicte de l'ère glaciaire, qui avec le recul des glaciers et les réchauffements, ne survit plus que dans les forêts de résineux, sous un climat montagnard, comme elle le trouve encore dans les Alpes du nord, le Jura, les Vosges et le Massif Central. Étant un rapace discret vivant dans des lieux reculés, sa présence peut longtemps passer inaperçue. En France, on ne compte que quelques centaines de couples nicheurs.

Lors de mes autres sorties, j'ai encore détecté sur un autre secteur que j'avais sélectionné, un mâle qui a chanté au crépuscule puis le lendemain au lever du jour. Autant de raisons de revenir dans ce "pays" que j'adore depuis longtemps.

Je n'oublierai jamais cette rencontre qui justifie pleinement le titre de mon blog: Frissons Nature Photos.

J'espère que vous aussi vous  avez "frissonné" un peu...

Merci pour vos commentaires et à bientôt.

 

18 février 2017

LES HIBOUX DE LA ST VALENTIN.

Inviter son épouse à aller chercher des oiseaux comme cadeau de la St Valentin.

Il fallait le faire et elle l'a accepté, ce dont je ne doutais pas un instant. C'est aussi ça l'Amour!

En fonction d'un calendrier très serré au niveau disponibilité, conditions météorologiques et hébergement; nous avions choisi d'aller passer deux jours en Baie de Somme, au début de cette semaine qui s'achève. Départ lundi matin à 8h, arrivée à Cayeux à 13H. Comme nous étions en avance pour récupérer notre chambre, nous nous sommes directement rendus dans le Hâble d'Ault, pour une reconnaissance rapide des lieux.

Le Hâble d'Ault se situe entre les falaises crayeuses d'Ault et la petite ville de Cayeux, en limite de la Baie de Somme. C'est une vaste zone humide d'une superficie de 750 ha, qui est considérée comme 'site naturel" mais aussi comme site unique pour les ornithologues, avec ses 270 espèces d'oiseaux recensées. Les lieux se composent de pelouses graveleuses, de levées de galets, de fragments de dunes, de marais et pièces d'eau avec les fameuses huttes de chasseurs et de prairies herbeuses.

Le Hâble peut être parcouru entièrement en voiture sur des chemins plus ou moins carrossables.

C'est ce que nous avons entrepris de faire. Au bout de 5 minutes de trajet, mon épouse me fait arrêter notre "affût roulant" et, avec un large sourire, me montre son cadeau de la St Valentin, le premier bijou, celui qui fait la réputation du site, un

 HIBOU DES MARAIS

Le rapace était posé à terre, à 15 m de la voiture, au milieu des herbes sèches d'une butte, bien à l'abri du vent qui soufflait très fort ce jour là.

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Après avoir pris possession de notre chambre, nous sommes revenus sur place deux heures après cette découverte. Notre Hibou était toujours posé au soleil, à l'abri du vent. Était-il seul ? En fouillant minutieusement le secteur avec nos jumelles, nous avons localisé trois autres Hiboux .

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Nous venions de découvrir un dortoir hivernal, un lieu où ce rapace, aux moeurs plutôt nocturnes, se repose pendant la journée, après sa nuit de chasse.

En sécurité dans cet habitat touffu, le Hibou ne tolère guère la présence de l'Homme.Exemple: Un photographe ayant remarqué notre voiture, s'était  arrêté à son tour devant notre véhicule. Ayant repéré un des Hiboux, après un quart d'heure d'observation, il est sorti de sa voiture pour récupérer un trépied dans son coffre, provoquant l'envol de six Hiboux, alors que nous n'en voyions qu'un seul !

Nous avons attendu jusqu'à l'arrivée de la nuit, un éventuel envol naturel mais le vent qui soufflait toujours aussi fort, clouait bel et bien les Strigidés au sol, en ce début de soirée.

Le lendemain, réveil à 7h en espérant apercevoir la fin d'une séquence de chasse du Hibou mais le vent n'avait pas faibli et la sortie matinale nous a surtout permis de découvrir tous les autres chemins du Hâble.

En début d'après-midi, retour près du dortoir et surprise, nos bijoux de la St Valentin - les Hiboux des marais- étaient bien au rendez-vous.

Le premier à la même place que la veille:

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Près de lui, un second individu difficile à trouver.

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Sur une butte un peu plus dégagée, un troisième en alerte

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alors qu'un quatrième se reposait dans les arbustes dunaires

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ce qui n'était pas le cas de ce cinquième, fortement inquiété par un couple de promeneurs, venant de derrière la butte,

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promeneurs qui ont finalement provoqué l'envol de sept dormeurs locaux.

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Ce n'était pas ce type de vol "provoqué" que nous voulions voir mais un vol naturel et serein.

En principe et sans vent, le Hibou des marais devient actif vers 16h, quand il rejoint son territoire de chasse. C'est à cette heure précise, alors que le vent se calmait, que nous avions repéré deux oiseaux en vol, à bonne distance du dortoir, au dessus de parcs à vaches.

Après avoir trouvé un chemin d'accès  pour notre affût roulant, nous nous sommes retrouvés face à un Hibou perché à 10m de nous, sur un piquet de parc. De ma place, impossible de prendre la photo. Pour mon épouse, il fallait se pencher hors de la voiture mais dès l'apparition du pare-soleil près du rétroviseur, le Hibou a pris les airs. Il ne nous restait plus qu'à bien positionner la voiture et espérer un éventuel retour. Bien nous en a pris car le rapace est revenu survoler le parc et même la voiture, pour notre plus grand plaisir.

A bonne distance

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Virage à gauche

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Concentré sur une proie ?

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Je fonce

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Je reviens avec virage serré à droite

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en planant

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à hauteur de la voiture

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que des frissons...

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avant un envol

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en signe d'adieu ?

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Il était l'heure pour nous de repartir au pays avec le regret toutefois, de ne pas avoir pris cette photo d'un Hibou perché sur un piquet de parc.

Mais St Valentin ne nous avait pas encore tout offert !

Sur notre chemin du retour, nous remarquons une voiture à l'arrêt près des poteaux d'un parc. A l'intérieur de la voiture, un photographe et sur un des piquets, un Hibou. Ni une, ni deux, je me gare près de la voiture et réalise le dernier rêve de cette sortie en amoureux.

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il inspectait les alentours

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changeait de perchoir

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concentré

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s'envolant au moindre mouvement dans l'herbe

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dans cette douce lumière de fin d'une superbe journée.

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Enfin, à quelques mètres du retour vers la civilisation, mon épouse a reçu un dernier cadeau en réalisant cet ultime portrait de celui qui nous a offert une inoubliable St Valentin.

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Salut les amis Hiboux des marais, nous reviendrons vous voir !

Si vous aussi, vous voulez vous rendre dans le Hâble d'Ault, nous vous recommandons les chambres d'hôtes des "Portes du Hâble".

Il s'agit d'une ancienne ferme picarde, propriété des très accueillants et sympathiques Céline et Pascal, qui proposent cinq belles chambres d'hôtes dont vous trouverez tous les détails en ouvrant le lien suivant:

http:/www.lesportesduhablebaiedesomme.com/

C'est la demeure de villégiature idéale pour ceux qui veulent découvrir le Hâble d'Ault, dont l'une des routes d'accès se trouve à 100m à peine de la maison. Acceuil, décor, confort, cuisine,...tout y est !

Si vous avez eu le courage d'arriver jusqu'à cette ligne, peut-être aurez vous encore un peu de force pour nous laisser un commentaire ?

Merci d'avance et à bientôt.

 

 

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31 janvier 2017

LES OISEAUX A LA MANGEOIRE CET HIVER.

Après quinze jours de grand froid, les températures sont redevenues positives, la neige a fondu laissant la place à la pluie et à la grisaille.

C'est peut-être le moment de faire un point sur la fréquentation de la mangeoire installée en forêt depuis plus de 3 ans.

Je regrette avant tout la disparition de "l'arbre à Pics", ce vieil arbre mort qui trônait au milieu de la place, devant mon affût, et dont je remplissais les trous, fentes et crevasses de noix, noisettes et autres graines, pour le plus grand plaisir des oiseaux et du photographe. Un coup de vent trop violent au printemps dernier l'a mis à terre, détruisant un poste de nourrissage et un perchoir naturel que je vais avoir du mal à remplacer.

Malgré ce bouleversement, les oiseaux sont revenus sur le site dès novembre, quand j'ai commencé à alimenter la nouvelle mangeoire. Au début la fréquentation était limitée mais les conditions météorologiques de l'automne permettaient certainement aux oiseaux des forêts de trouver facilement   de la nourriture sur leurs lieux de vie. 

L'affluence a été plus marquée dès le début janvier, avec l'arrivée du froid, me permettant de vous présenter un  bilan en photos, des oiseaux qui fréquentent le site:

La plus assidue et la plus téméraire -la Mésange nonnette- qui vit principalement en forêt.

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Suivie de très près par la mignonne Mésange bleue, petite boule colorée qui anime la mangeoire.

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La plus grande et la plus commune des mésanges: la Mésange charbonnière

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La plus petite des mésanges - la Mésange noire- reconnaissable à sa tache blanche oblongue à la nuque.

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La moins sociable des mésanges, la Mésange huppée, est peu présente à la mangeoire cette année.

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Malgré la disparition du viel arbre, la Sittelle torchepot a repris ses acrobaties

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Le Pic mar se laisse à nouveau tenté par la place, malgré l'absence de "l'arbre à pics". Quand la faim vous tenaille...

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Son cousin, le Pic épeiche se laisse entendre mais sans guère se montrer.

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Il en va de même du Bouvreuil pivoine qui, très méfiant de nature, se tient à bonne distance de l'agitation locale.

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Parmi les oiseaux qui se nourrissent davantage au sol, on trouve en bonne place, le Pinson des arbres (mâle et femelle)

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L'immuable couple de Merles noirs

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Le fuyant et minuscule Troglodyte mignon, qui est certainement le plus sensible au froid.

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et enfin, le fidèle gardien des lieux, notre ami à tous, Robin le Rougegorge familier, qui adore prendre la pose.

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Le bruyant Geai des chênes, qui était très présent l'hiver dernier, est pratiquement invisible depuis le début de l'année.

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Pour clore ce message, une photo d'un Pic noir qui ne fréquente certes pas la mangeoire mais dont les cris et chant sur le secteur, laissent augurer un printemps peut-être fécond.

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Voila comment on se fixe de nouveaux objectifs: suivre et photographier le Pic noir dans les prochains mois...

Qu'en pensez-vous ?

Merci d'avance pour vos commentaires et à bientôt.

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24 janvier 2017

UNE SORTIE ENTRE AMIS CHEZ LE HIBOU DES MARAIS.

Pour bien démarrer la nouvelle année, rien de mieux qu'une bonne sortie entre amis, pour aller à la rencontre d'un oiseau mythique pour nous:

Le HIBOU DES MARAIS.

Pour trouver un Hibou des marais en Moselle, il faut avoir une chance inouïe; aussi avec mes amis Christian et Claude, nous avons décidés d'aller le chercher sous d'autres cieux, là où il se trouve actuellement. Je garderai secret cet endroit pour respecter la tranquillité des Hiboux et également celle de notre ami local, qui nous a guidé sur place et dont je tairai volontairement le nom pour lui éviter trop de sollicitations.

Encore un grand Merci à lui !

Après quelques heures de route, nous étions sur place en début d'après-midi, période à laquelle les Hiboux commençait, ces derniers temps, leur chasse sur le terrain. Ce jeudi-là, il faisait très froid et le vent, ennemi du  Hibou, était glacial. Les premiers Hiboux ne se sont envolés que vers 17h alors que le soleil aillait se coucher...

Pendant près de deux heures nous les avons cherchés, scrutant le moindre oiseau en vol et c'est au sol, bien camouflé et "calfeutré" dans les hautes herbes, que nous avons découvert notre premier Hibou des marais.

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Le Hibou des marais est un rapace de taille moyenne, au plumage brun chamoisé avec des stries sombres, qui lui procure un excellent camouflage au milieu des friches qui lui servent de dortoir.

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Les mâles sont plus clairs que les femelles. Les yeux jaunes cerclés de noir sont placés au cœur de deux disques faciaux blanchâtres ou blanc chamoisé, eux-mêmes teintés de brun. La tête apparaît ronde sans touffes aux oreilles où l'on distingue juste une petite zone huppée.

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 Les deux Hiboux que nous avions repérés au sol, paraissaient très calmes, continuant tranquillement leur sieste, face au soleil et dos au vent protégé par les hautes herbes.

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Le plus dur était fait et il ne nous restait plus qu'à attendre leur envol pour aller chasser. Comme il était hors de question de les effrayer pour provoquer cet envol, nous avons sagement attendu leur bon vouloir, pour faire quelques clichés des Hiboux en vol, malgré des conditions de lumière et de distance devenues limites.

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Le Hibou des marais est friand de petits mammifères, qu'il repère en volant silencieusement à un ou deux mètres au dessus de la végétation avant de s'abattre, d'un revers d'aile sur la proie localisée.

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Dans le soleil couchant, nous avons brièvement assisté à un dernier ballet qui à lui seul valait le déplacement.

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Puis sans un dernier regard ni regret, nous laissant transis de froid,

le Hibou des marais nous a tourné le dos,

nous signifiant ainsi qu'il était l'heure de retourner chez nous.

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Un grand merci à Christian et à Claude qui sont les auteurs des photos du Hibou des marais en vol.

C'était une bien belle journée. Qu'en pensez-vous ?

Merci d'avance pour vos commentaires et à bientôt.

 

 

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