Frissons Nature Photo

21 novembre 2017

LE BALLET DES OMBRES CHINOISES DU DER

Un jeûne photographique de trois mois, c'est incroyable et pourtant je viens de le faire.

Quand deux passions vous prennent en tenaille, il faut faire un choix à défaut de trouver un juste milieu.

Après trois mois de peinture, un retour sur le terrain avec l'appareil photo vient de me faire un bien fou...

Pour ce retour, j'ai pu compter sur mes amis et compères Christian et Claude, qui m'ont accompagné et guidé au 21ème Festival International de la Photo animalière et de nature de Montier-en-Der. Nous y avons passé la journée de jeudi et en avons pris plein les yeux avec des photos de rêve et des échanges passionnants, le tout dans un cadre où il vaut mieux oublier la carte bancaire à la maison.

C'était également l'occasion d'aller saluer notre ami commun Bernard Claessens, et d'admirer ses oeuvres consacrées aux Ours bruns et aux Gloutons de la taïga finlandaise. Du grand art que vous retrouverez entre autres, sur son site :

http://www.bernardclaessensphoto.fr/.

Bravo Bernard !

Mais notre journée au Der avait aussi une motivation photographique. Nous sommes arrivés sur une digue d'une presqu'île déserte, avant le lever du soleil, dans une ambiance bien fraîche, un peu brumeuse mais ô combien magique pour ce que nous voulions découvrir.

Les demoiselles du Der, les fameuses Grues cendrées, passent la nuit en groupe, dans les cuvettes du lac qui, à cette époque de l'année, connaît son niveau le plus bas.

Elles étaient encore au sol, dans l'attente du mystique signal de l'envol.

16112017-IMG_9522

Puis peu à peu , les cris caractéristiques de la Grue se firent entendre et les premiers individus prirent leur envol.

16112017-IMG_9530

  Au lever du soleil, elles partent se nourrir dans les champs autour du lac et ne reviennent qu'à la tombée du jour.

16112017-IMG_9545

Le ballet des demoiselles du lac commence ...

16112017-IMG_9588

et le dortoir se vide peu à peu

16112017-IMG_9687

C'est par petits groupes qu'elles gagnent les champs et les zones cultivées des alentours

16112017-IMG_9743

alors que le soleil commence enfin à percer la brume.

16112017-IMG_9760

Deux retardataires.

16112017-IMG_9704

Un dernier groupe semble encore hésiter quant à la direction à prendre.

16112017-IMG_9799

La place laissée vacante par les Grues semble attirante pour d'autres espèces qui entament également leur ballet.

Un groupe de Vanneaux.

16112017-IMG_0116

Des Oies en ombre chinoise.

16112017-IMG_9677

et enfin le premier escadron de Cormorans.

16112017-IMG_9635

rapidement suivi d'un second encore plus imposant

16112017-IMG_9910

avant que des centaines et des centaines de Cormorans nous survolent.

16112017-IMG_0056

Il en sortait de partout et de nulle part. C'était vraiment impressionnant ...

16112017-IMG_0061

En cherchant bien, on en a retrouvé un grand nombre un peu plus loin que le dortoir des Grues, comme le montre la photo suivante à trois étages:

Le premier plan est réservé aux Aigrettes et Hérons, le plan central est le domaine des dernières Grues et le fond est occupé par les Cormorans.

16112017-IMG_0067

Il y a du monde au balcon pour observer les dernières Demoiselles qui semblent faire une ultime révérence avant l'envol.

16112017-IMG_0068

A l'année prochaine et merci pour ce spectacle

16112017-IMG_9698

En principe le retour au dortoir est tout aussi photogénique que l'envol  mais le temps couvert en ce jeudi soir, nous a privé des belles lumières du coucher du soleil.

Quelle belle sortie !

Qu'en pensez-vous ?

Merci d'avance pour vos avis et à bientôt.

 

Posté par danieltrinkwell à 15:21 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


24 août 2017

LE "PREGADIOU" DE MA TERRASSE : UNE COCHE INATTENDUE

Lundi après-midi, j'étais consciencieusement installé devant une nouvelle toile dans mon atelier, quand mon épouse est venue me montrer un drôle d'insecte qu'elle venait de capturer sur notre terrasse.

Qu'est_ce que c'est que ça ?

Dans la "Gloire de mon Père", Marcel Pagnol relate la capture de trois grands "pregadious" et précise de suite "c'est à dire de trois mantes religieuses". C'était en Provence qu'il les avait capturés et non dans le nord-est de la Moselle, en plein centre ville et de surcroît, sur une terrasse carrelée (certes bien fleurie, par les soins de ma chère et tendre).

Une Mante religieuse ! Nous n'en n'avions jamais vu et l'avons vite reposée dans les fleurs qui ornent la terrasse, pour lui tirer le portrait et faire plus ample connaissance.

21082017-IMG_7593

La mante religieuse est un insecte aux moeurs diurnes, d'une taille de 6 à 8 cm de long, de couleur verte (ou brune), qui se caractérise par une tête triangulaire orientable à 180°( aptitude rare chez les insectes). Elle a deux gros yeux protubérants à facettes (avec le petit point noir sur la photo ci-dessous), très écartés de chaque côté de la tête, qui lui donnent une très bonne vision de toutes parts. Trois ocelles, entre ces yeux globuleux, sont le siège du sens auditif. Les longues antennes servent à capter les vibrations de l'air produites par le vol des insectes et permettent une efficacité de chasse d’autant plus importante. 

Détails du dispositif:

21082017-IMG_7605-2

Autre caractéristique: la mante religieuse possède trois paires de pattes; la première paire lui sert à capturer ses proies, et les deux autres lui servent à se déplacer.

21082017-IMG_7816

  La mante reste la plupart du temps immobile, les pattes avant repliées, comme en prière, d'où son nom de religieuse ou de "pregadiou", cette expression occitane de provence qui peut se traduire par "Prie-dieu".

21082017-IMG_7852

La mante religieuse est très carnassière et cette caractéristique en fait l’amie du jardinier qu’elle aidera dans l’élimination des chenilles, sauterelles et autres criquets dévoreurs de jardin.

La femelle est également réputée pour sa tendance à dévorer le mâle après l'accouplement. Drôles de moeurs.

Elle chasse à l'affut accrochée à une plante et se confondant souvent avec celle-ci.

21082017-IMG_7685

Ses armes de chasse sont constituées par ses pattes antérieures, appelées « ravisseuses », qui portent des piques et un crochet. Elle peut les déplier en une fraction de seconde pour s'abattre sur sa proie, qui sera maintenue par les piques et harponnée par le crochet qui se plantera dans son corps. 

L'arsenal de la mante:

21082017-IMG_7682

C'est ce qui est arrivé pendant mon observation à une malheureuse abeille qui est venue butiner une fleur de lavande, alors que le "pregadiou" était à l'affût sur la tige. Je n'ai pas eu le temps de saisir l'attaque qui a été fulgurante mais la suite des évènements a été tout aussi imprévisible.

Le "tigre de l'herbe" a l'affût sur le brin de lavande:

21082017-IMG_7905

Il vient de harponner l'imprudente abeille qui venait butiner les fleurs de lavande

21082017-IMG_7935

De suite, la mante commence à dévorer sa proie grâce à ses puissantes mâchoires de type "broyeur" qui, en principe, ne laissent que les parties les plus indigestes (ailes, pattes, ...) comme restes.

21082017-IMG_7937-2

J'ai bien précisé dans ma dernière phrase "en principe" car une guêpe, certainement attirée par l'odeur du festin, est venue perturber le scénario. Elle a tourné quelques secondes autour de la mante attablée puis l'a attaquée par la nuque.

21082017-IMG_7964

mais la mante ne lâchait pas prise

21082017-IMG_7996-2

bien que dérangée dans son repas.

21082017-IMG_7966-2

Alors la guêpe changea son angle d'attaque et tenta de partager directement le repas de la mante

21082017-IMG_7979

Mauvaise idée car la mante n'est pas partageuse mais vraiment carnassière et elle s'empara de cette insouciante qui s'offrait à elle. Une lutte s'engagea entre la mante, handicapée par l'abeille dans ses griffes et la guêpe, qui tentait d'éviter les harpons de la tueuse.

21082017-IMG_7989-2

Au bout de quelques secondes, la guêpe a réussi à s'extraire des griffes mais elle revint à la charge en attaquant la mante par ses ailes.

21082017-IMG_8004-2

Elle semblait avoir trouvé la faille car la mante lâcha l'abeille, qui tomba morte à terre, et se retourna prestement vers la guêpe

21082017-IMG_8007

en essayant de la harponner avec ses crochets

21082017-IMG_8013

La guêpe, peut-être insouciante mais pas trop folle, a  pourtant réussi à s'enfuir de ce piège qui commençait à se refermer sur elle.

La mante religieuse est restée toute penaude et pensive après cette double déconvenue.

21082017-IMG_8079-2

Quelle aventure !

Le pregadiou a passé la nuit et une partie du lendemain dans la lavande, avant d'aller retrouver un milieu plus naturel.

21082017-IMG_7626-2

 Cette rencontre a agrémenté le climat d'attente qui régnait à la maison, en raison de l'accouchement attendue de notre benjamine.

C'est finalement avec une semaine de retard, que le petit Paul est venu rejoindre tôt hier matin, ses cousins Léopold (fils de notre cadette), Victor et Marius (fils de notre ainée). Tout le monde va bien, les parents sont heureux et Mamie et Papy sont aux anges!

Merci pour votre visite et éventuel commentaire.

A bientôt.

Posté par danieltrinkwell à 16:34 - - Commentaires [15] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

03 août 2017

DANS LA FORËT DES HULOTTES

Le 13 mai dernier, je vous relatais la rencontre inattendue avec une Chouette hulotte, lors d'une sortie "Pics" avec mes amis Christian et Claude. Sûr d'être en présence d'un couple nicheur, notre ami Claude, habitant près du secteur, a entrepris des affûts prolongés dans cette forêt qu'il connaît bien. Sa passion et sa persévérance furent bientôt récompensées par la prise des photos suivantes:

Dans une excavation située à une douzaine de mêtres de hauteur dans un gros hêtre brisé, deux petites têtes se montraient de temps en temps.

0 1605 7

1 1505 6

Pas de doute, c'était la famille "hulotte" qui nichait dans cette cavité. Pour preuve, quand un petit curieux s'expose:

2 1605 1

Ou quand un adulte vient leur rendre visite

3 1605 2

Deux coups de fil plus tard, le trio d'amis s'est retrouvé fin mai au pied du hêtre des "Hulottes". Et là, déception, plus rien ne bougeait dans la cavité, les jeunes s'étaient envolés. Mais peut-être qu'avec un peu de chance et en sachant que la hulotte est sédentaire; allait-on les apercevoir dans la canopée des grands arbres, leur futur habitat.

Très vite, on a entendu des piaillements très discrets caractéristiques des jeunes Chouettes. Elles étaient sur le secteur mais demeuraient invisibles. Puis très rapidement un mouvement dans le feuillage et un adulte se posa sur une branche, pour venir observer les intrus que nous étions.

29052017-IMG_5736

Si une Chouette hulotte adulte s'estime menacée ou estime que sa progéniture est en danger, elle lance un cri d'alarme typique dont les notes, en cas de danger imminent, notamment vis à vis des jeunes, peuvent fortement varier pour faire sentir davantage la sensation d'agressivité. Dans certains cas, ce cri peut même s'accompagner d'une attaque réelle ou fictive dirigée vers la tête de l'agresseur.

Dans notre cas, rien de tout cela; l'adulte resta présent, à bonne distance certes mais sans animosité aucune. Il surveillait son territoire.

29052017-IMG_5775

Cherchant certainement ses jeunes cachés plus haut

29052017-IMG_5842

Sensible au moindre bruit

29052017-IMG_5957

et constamment houspillé et harcelé par les autres hôtes de ces grands arbres (ici un Geai des chênes), qui veulent chasser ce redoutable prédateur.

29052017-IMG_5985

Mais la Chouette évitait toujours l'affrontement et préférait changer de perchoir, sans perdre de vue ces bonhommes qui se cachaient au sol.

29052017-IMG_5993

Le jeune est-il encore là ?

29052017-IMG_6051

Parfois une longue pause sans bouger

29052017-IMG_6160

avant de s'envoler vers un autre perchoir.

29052017-IMG_6043

Nous avons passé l'après-midi, le nez en l'air, en compagnie de cette belle Chouette hulotte rousse mais sans jamais voir ses deux petits qui étaient pourtant bien présents sur le secteur.

Une quinzaine de jours après cette sortie, Claude nous envoya cette photo d'un juvénile qui semble avoir pris de l'assurance.

15062017-IMG_0614 7

Encore sous la dépendance alimentaire des parents pendant deux mois, il continuera de se cacher dans les hauts branchages avant de s'émanciper vers la fin août et d'aller chercher son propre territoire de chasse dans les proches environs de celui où il a vu le jour.

Cette forêt des Hulottes méritera le détour pour un suivi plus complet de l'espèce et cela, quelque soit la saison !

Merci pour votre visite et

A bientôt.

 

Posté par danieltrinkwell à 15:45 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : , , ,

25 juillet 2017

RENCONTRE MATINALE (21/07/2017)

Quoi de plus normal pour un français, mosellan de surcroît, que d'aller célébrer la Fête nationale belge en Wallonie.

Oui, pourquoi pas mais peut-on trouver mieux chez nos amis belges que notre célèbre 14 juillet ?

Pour y avoir été le 21 juillet dernier, je confirme que c'était bien mieux que tous nos défilés militaires ou autres bals populaires.

Récit:

Certes il a fallu se lever à 4h du matin pour être au rendez-vous de 6h, fixé par mon ami Claude, près d'une des plus anciennes réserves naturelles domaniales de Wallomie. Cette fagne, entourée de profondes forêts de feuillus et de résineux, est couverte de landes et de tourbières, reliques vivantes des dernières glaciations, qui offrent au paysage des allures nordiques : climat froid ( 6°ce matin du 21/07) , tourbières, ruisseaux acides, milieux naturels très humides mais de grand intérêt biologique, où l'on rencontre une faune et une flore très diversifiées et typiquement boréales.

Après 300m de marche sur l'un des chemins de randonnée qui longe la fagne, première halte dans une sapinière qui offre une vue dégagée sur la lande. Le soleil venait de se lever et commençait à percer les voiles de brume qui s'étaient formés durant cette nuit bien fraîche pour un mois de juillet. 

Quelle belle surprise! A moins de 50m devant nous, trois cervidés, tous sens en éveil, regardaient dans notre direction.

21072017-IMG_7117-2

En été, on voit essentiellement paître des hardes de biches avec leur progéniture. Ces hardes sont de type matriarcal et composées à la base, par une biche suivie du jeune de l'année et du jeune de l'année précédente.

Dans notre cas, nous étions en présence d'une biche meneuse de la petite harde (à droite sur la photo n°2), qui est une femelle ayant à son actif au moins une mise bas, qui est vigilante, expérimentée et la plus alerte. Elle est accompagnée d'une bichette de plus d'un an ( la plus à gauche) et d'un hère (le plus en retrait), jeune mâle de l'année dernière et qui sera bientôt daguet.

21072017-IMG_7139-2

Tous les trois étaient intrigués par les bruits venant de la sapinière mais quelle ne fût pas notre surprise de voir sortir des fougères, une autre biche accompagnée de son faon de l'année, au pelage encore bien tacheté de blanc.

21072017-IMG_7156-2

Aussi longtemps que la meneuse ne donne pas l'alerte pour fuir le danger, la harde ne s'enfuit pas malgré ces bruits bizarres.

21072017-IMG_7169-2

Pour compléter ce tableau familial, il nous manquait un jeune cerf. Il suffisait de demander ...

21072017-IMG_7181-2

Chez les mâles, les bois commencent à pousser à partir du 9ème mois et tombent tous les ans, entre février et mai, pour repousser en été. Un jeune cerf de "première tête" perd ses dagues normalement en avril de l'année suivante et il terminera sa deuxième tête avant la mi-août . Il est alors  "six cors" et peut même, dans les meilleurs cas, devenir huit cors comme c'est presque le cas pour ce jeune individu.

21072017-IMG_7283-2

Nous étions en présence d'une harde d'un faible nombre d'individus, qui est typique d'un biotope peu dérangé par l'homme et riche en aliments.Les jeunes mâles vont quitter le groupe vers l’âge de 2 ans et les jeunes femelles le feront un peu plus tard. Pour l'instant dans cette harde, c'est toujours la meneuse (en dernière position) qui surveillait les alentours alors que le soleil commençait à réchauffer l'atmosphère.

21072017-IMG_7250-2

 

L'activité journalière des animaux est une alternance de périodes d'alimentation entrecoupées de périodes de rumination et de repos. La première période d'alimentation se termine généralement deux heures après le lever du soleil, quelque soit la saison. C'était aussi le cas ce matin, quand la harde se dirigeait lentement vers les hautes herbes pour aller ruminer et se reposer.

21072017-IMG_7206-2

 

21072017-IMG_7308-2

21072017-IMG_7341-2

Une bonne heure en leur compagnie avant de les perdre de vue.

Dans la matinée, nous avons revu le jeune cerf qui venait de se relever de sa sieste,

21072017-IMG_7398

puis une bichette se dégourdir les pattes

21072017-IMG_7419

et surtout une jeune biche qui, lors de la période de mise bas, s'était isolée pour donner naissance à son faon, qu'elle tiendra éloigné de la harde pendant quelques jours à quelques semaines.

21072017-IMG_7428

Un vrai feu d'artifice en pleine journée pour cette belle Fête nationale belge !

Merci d'avance pour vos commentaires.

A bientôt

 

08 juillet 2017

LA NOUVELLE FAMILLE "PIE-GRIECHE ECORCHEUR "

Le 20 mai dernier, j'avais partagé le "Retour de la Pie-grièche écorcheur" et notamment des scènes de parades nuptiales qui laissaient à penser que la saison des amours allait être "fructueuse". Au bout de quinze jours d'un premier suivi, le couple devenait de plus en plus discret, certainement occupé à construire un nid ou déjà à couver. Cette période d'incubation est des plus délicates et il faut éviter tout dérangement. Deux, trois visites discrètes en juin, m'ont permis d'apercevoir le mâle sur différents perchoirs de son territoire mais aucune indication quant à l'emplacement du nid. L'essentiel était de savoir que les Pies-grièches écorcheurs n'avaient pas changé de secteur.

C'est ainsi que mon ami Christian a pu saisir le 10 juin dernier, cette scène d'offrande d'une proie, du mâle à la femelle, qui prouve que le mâle s'occupe du ravitaillement de sa belle, alors qu'elle assure l'incubation à elle seule, des 4 à 6 oeufs, pendant une période moyenne de 15 jours.

20170610

Les petits sont ensuite nourris au nid, par les deux parents, pendant une période équivalente. Il est alors plus facile d'apercevoir l'un ou l'autre des adultes, perché sur un de ses postes de guet, à l'affut du premier insecte au sol ou en vol.

20062017-IMG_6438

Près d'un mois s'étant écoulé après la photo de l'offrande, la sortie du nid ne devait plus tarder et c'est dans ce but, que je me suis rendu sur les lieux, dans la matinée du 05 juillet dernier. Le soleil chauffait déjà très fort et le risque de "flou de chaleur" était déjà bien réel. 

A mon arrivée , le mâle avec une proie dans le bec, était perché sur un buisson de ronces et de mûres, dans lequel  il semblait y avoir de l'agitation.

05072017-IMG_6742

Il plongeait régulièrement dans cette végétation épineuse et touffue pour en ressortir aussi vite

05072017-IMG_6880

et aller se poster sur ses perchoirs de chasse.

Ici le fil électrique du parc

05072017-IMG_6804

qu'il rejoignait régulièrement avec une proie avant de replonger dans le buisson

05072017-IMG_6779

Ici une branche bien exposée

05072017-IMG_6888

dans un univers piquant mais avec vue imprenable sur le garde-manger

05072017-IMG_7052

ou encore sur un piquet de parc à quelques mètres de ma voiture (dans laquelle je "cuisais").

05072017-IMG_6955

Mais à qui était destiné toute cette nourriture?

Ce furent d'abord trois petites boules de plumes et de duvet qui se montrèrent au sommet du buisson fréquenté par le mâle

05072017-IMG_6834

et d'un coup c'est la nichée entière qui se montra; six oisillons "Pie-grièche écorcheur" sur la photo.

05072017-IMG_6849

ce qui est assez exceptionnel puisqu'en principe, chaque adulte s'occupe d'une moitié de la nichée qui se sépare ainsi en deux, tout en restant cantonnée sur le secteur.

05072017-IMG_6860

Ils semblaient attendre le ravitaillement qui se faisait discrètement par les parents, par l'arrière du buisson, hors de la vue du photographe ce qui incita les oisillons à replonger très rapidement dans l'ombre du buisson protecteur.

Le juvénile des deux sexes, ressemble à la femelle de par ses couleurs, avec une tête mouchetée, un dessous beige clair nettement marbré de barres brunes et un manteau écailleux à dominante rousse.

05072017-IMG_6877

L'aspect duveteux du plumage restera marqué pendant quelques jours encore

05072017-IMG_7020

L'apprentissage, assuré par chacun des parents, dure en principe trois semaines après la sortie du nid.

Le mâle avec un de ses petits

05072017-IMG_6920

La femelle avec un autre apprenti

05072017-IMG_6982

   Assez rapidement après l'émancipation des jeunes, d'ici fin juillet - première quinzaine d'août, débutera la migration post-nuptiale en direction de l'Afrique.

Il faudra patienter jusqu'en mai prochain pour espérer revoir une belle famille "Pie-grièche écorcheur", comme celle de cette année.

05072017-IMG_6861

Prenez encore des forces en attendant et bonne route....

Merci pour votre visite et votre éventuel commentaire.

A bientôt.

 

 

Posté par danieltrinkwell à 15:53 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


22 juin 2017

LE PLUS PETIT DES PICS: LE PIC EPEICHETTE

Dans la famille des Picidés, la taille des oiseaux va de celle d'un Moineau à celle d'une Corneille. Le plus commun et le plus observé et photographié de tous, c'est le Pic épeiche, qui est de taille moyenne avec ses 20cm de longueur. Le plus grand de la famille, c'est le Pic noir avec ses 48cm de longueur et, le plus petit du haut de ses 14cm, c'est le

PIC ÉPEICHETTE.

Début mai, j'ai eu la chance, avec mes amis Christian et Claude, de suivre pour la première fois, les évolutions d'un couple de Pics épeichettes, occupés à ravitailler leurs oissillons éclos certainement depuis quelques jours.

Une rapide présentation de l'oiseau: en dehors de sa petite taille, le Pic épeichette présente un plumage noir et blanc avec ses ailes et son bas de dos rayés et ses flancs légèrement striés. Le mâle se distingue de la femelle par la présence d'une calotte rouge carmin.

Le mâle avec sa calotte rouge.

09052017-IMG_3511

La femelle avec sa calotte noire.

09052017-IMG_3732

Bien qu'il soit présenté comme bien répandu dans notre région, sa rencontre est plutôt rare et mérite d'être relevée. Cette espèce de Pic fréquente les milieux arborés -forêts, bois, bosquets, parcs et vergers - mais vous aurez plus de chance de le rencontrer dans les milieux humides, sur les bords de rivières ou dans les roselières, là où il trouve plus aisément des arbres à bois tendre, comme les saules ou peupliers ou carrément des arbres morts, qui sont plus faciles à forer pour son petit bec.

IMG_3866-1

Le nain des Pics a aussi la particularité d'explorer la cime des arbres, jusqu'aux plus fines ramifications des branches et, de ce fait, il n'entre pas en concurrence avec les autres Pics, qui chassent plutôt aux étages inférieurs. De plus, il est essentiellement insectivore.

IMG_4012-1

Une chose est sûre, le coin retenu pour nidifier est riche en proies à en juger par la quantité impressionnante d'insectes ramenée à chaque passage de l'un ou de l'autre des parents.

09052017-IMG_3642

Un "insecticide" naturel, puissant et écologique, qu'il faut protéger et préserver.

09052017-IMG_4175

A ce stade de la nidification, les parents pénétraient encore, à tour de rôle, dans le nid. Le ballet était bien réglé avec des passages respectifs toutes les cinq minutes, évitant ainsi l'embouteillage à l'entrée du nid. Parfois c'était limite ...

- Que fais-tu, déjà là ? Et toi, que fais-tu, encore là ? -

09052017-IMG_4127

Collision évitée de justesse.

09052017-IMG_4147

Ce qui m'impressionne le plus chez les Pics et, c'est encore le cas avec le plus petit d'entre eux; c'est la vitesse à laquelle ils fusent du nid après le ravitaillement.

09052017-IMG_4199

L'éjection !

09052017-IMG_4157

Une fois sur deux, cette sortie du nid se fait avec le sac fécal ( poche qui contient les déjections des oisillons, leurs couches en quelque sorte), que les adultes vont relâcher à plusieurs mètres de la loge; ce qui assure plus d'hygiène au nid et évite des traces qui révéleraient leur présence aux prédateurs.

La corvée de poubelle du mâle

09052017-IMG_3727

La femelle n'y échappe pas non plus...

09052017-IMG_4237

Pendant près de deux heures, nous avons partagé ce ballet incessant des parents ravitaillant leurs petits, en guettant l'envol

09052017-IMG_3503

instant magique où ce petit Pic montre qu'il a tout d'un grand...

09052017-IMG_4140

Après cette séquence photos avec le Pic épeichette, nain des Pics, nous nous sommes rendus chez le Roi des Pics, le fameux Pic noir qui nichait à quelques encablures de là...

mais c'est une autre histoire que je partagerai bientôt avec vous.

En attendant, pourquoi pas un petit commentaire ?

Merci d'avance et à bientôt.

 

20 mai 2017

LE RETOUR DE LA PIE-GRIECHE ECORCHEUR

A cette période de l'année, la majorité des oiseaux migrateurs sont de retour dans nos contrées et leur cycle de reproduction est déjà bien entamé pour la plupart. C'est pourtant cette période que choisit la PIE-GRIÈCHE ÉCORCHEUR pour rejoindre sa zone de nidification. Elle est partie de l'Ethiopie ou de la Somalie, a remonté la Péninsule Arabique, traversé le Moyen-Orient et la Turquie, pour finalement venir nicher dans le nord de la Moselle. Je l'attendais comme l'année dernière vers la mi-mai, sur un secteur auquel elle est fidèle tous les ans, mais mon ami Christian a lancé l'alerte " PGE ", le 1er mai dernier. En avance sur le calendrier, le couple était déjà réuni.

Présentation:

Le mâle, le plus coloré des deux, est le plus observé. Il arbore un manteau brun roux, une calotte et un croupion gris cendré,une queue noire bordée de blanc et un ventre d’une couleur rose vineux, plus ou moins intense. Le bec est crochu et les pattes sont noirs. Son signe de reconnaissance: un masque noir de "bandit des grands chemins" d'où son surnom de "Bandit masqué".

IMG_2603-1

La femelle est beaucoup plus terne que son partenaire, un peu couleur "moineau" avec un dessus plus ou moins brun-roussâtre. Son masque facial est de la même couleur que son plumage. Son dessous est d’un blanc cassé crème, marqué en écailles.

IMG_2644-1

 L'habitat de reproduction de la Pie-grièche écorcheur présente toujours deux caractéristiques indispensables. Il doit d'une part être pourvu d'arbustes ou de buissons touffus favorables à la nidification (épineux comme les prunelliers, aubépines et églantiers,...) et d'autre part, il doit être assez ouvert, avec un accès au sol facile, pour la chasse. Avec Christian, nous suivons ainsi un couple qui revient tous les ans, sur un secteur qui réunit toutes ces conditions.

C'est le mâle qui arrive le plus souvent en premier et c'est lui qui propose un coin de nidification à la femelle. Pour l'attirer et malgré son caractère farouche, il n'hésite pas à se montrer en évidence sur un perchoir exposé, où il se fait remarquer par ses cris caractéristiques. Par cette attitude, Il affirme aussi sa présence sur le territoire et décourage d'éventuels concurrents.

2015-06-22 GRCH-0135

Dès l'arrivée de la femelle, les Pies-grièches n'ont plus de temps à perdre pour s'occuper de leur reproduction. Le couple inspecte ensemble le moindre buisson épineux ou le moindre roncier, qui pourrait abriter leur nid.

Vaut mieux aimer les piquants!

A la recherche d'un logement:

IMG_2567-1

Jusqu'à présent, j'étais toujours en retard de quelques jours, pour assister à une scène marquante de la vie des PGE: la parade nuptiale. Pas cette année, la preuve que la persévérance finit toujours par payer.  En inspectant les ronciers, entre deux séances de chasse, le couple se retrouvait souvent face à face sur la même branche.

IMG_2651-1

Puis très brièvement, le mâle fort de ses belles couleurs, commençait à faire le beau devant sa belle, dressant son corps à la verticale

IMG_2712-1

il exhibait la belle teinte rose de son poitrail et sa queue bicolore

IMG_2668-1

et semblait littéralement danser devant sa future partenaire

IMG_2683-1

Un autre comportement qui joue certainement un rôle dans les parades utilisées pour attirer les femelles: la chasse.

En effet, les femelles préfèrent choisir des mâles capables d’apporter suffisamment de proies au nid pour nourrir les jeunes. Pour prouver ses capacités de chasseur, le mâle entrecoupait régulièrement ses danses de séducteur, de périodes de chasse à l'affût, pendant lesquelles il plongait sur des proies au sol ou s'élançait en l'air, pour happer un insecte en vol.

La quantité d'insectes attrapés est impressionnante.

-Le mâle décortiquant un hanneton-

IMG_3141-1

Les proies sont destinées à la consommation personnelle et servent parfois d'offrande à la femelle.

IMG_2753-1

Elles peuvent également être stockées sur des "lardoirs", les jours fastes quand elles abondent. L’oiseau empale alors ses proies sur des branches épineuses ou des fils de fer barbelés pour constituer des réserves.

A défaut de couvert pour dépecer une prise plus imposante, la Pie-grièche écorcheur empale aussi ses proies sur ces épines qui l'entourent, afin de faciliter leur dépeçage. Comportement qui explique son nom "d'écorcheur".

-Le mâle empale un frelon dans une épine pour mieux le déchiqueter et l'avaler-

02052017-IMG_2699

Son régime alimentaire est constitué de gros insectes, comme les Coléoptères, les Orthoptères ou autres invertébrés, et de petits mammifères (campagnols), des oiseaux et des reptiles. Comme ce régime doit être en partie indigeste, la Pie-grièche, à l'instar de beaucoup d'autres oiseaux, recrache périodiquement par le bec, des pelotes de réjection, qui sont des boulettes faites des débris non digérés des proies avalées.

-le mâle crachant sa pelote de réjection -(photo prise par Christian)-

GRCH PELOTE

 - la femelle n'est pas en reste dans ce comportement-

IMG_3095-1

Dix jours après ces retrouvailles, les parades avaient cessé et le couple était certes visible mais moins expressif

05052017-IMG_3041

L'emplacement du nid est certainement retenu car la femelle commençait à ramener des matériaux qui devrait améliorer le confort intérieur dans ce milieu épineux.

05052017-IMG_3070

Pendant ce temps, le mâle montait la garde (sur une patte)!

IMG_3115-1

Le succès de la reproduction dépend de trois facteurs essentiels, variables dans le temps et dans l’espace : le dérangement,  la pression de prédation sur les œufs et les poussins et les conditions météorologiques. 

Ne pouvant pas agir sur les deux derniers facteurs, nous éviterons toutefois tout dérangement dans les 15 jours à venir, le temps crucial de l'incubation. Passé ce délai, nous tenterons de retrouver le couple de PGE, qui doit assurer le ravitaillement, avant de voir l'envol des petits à l'âge de deux semaines. Ils resteront sur place avec les parents et entameront leur première migration vers l'Afrique, dès le mois d'août.

Je tiens aussi à préciser que toutes les photos présentées, ont été prises depuis notre affût roulant, la voiture, qui est très bien acceptée par l'oiseau.

Peut-être à plus tard pour la suite de cette histoire qui vous inspire d'ores et déjà un commentaire...

A bientôt.

 

 

 

Posté par danieltrinkwell à 19:24 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

13 mai 2017

LA CHOUETTE HULOTTE

Combien de fois l'ai-je entendue, combien de fois depuis tout gamin, l'ai-je imitée en soufflant dans mes mains jointes et combien de fois l'ai-je espérée mais jamais rencontrée et encore moins photographiée; elle c'est la fameuse CHOUETTE HULOTTE,  le rapace nocturne le plus répandu en France, que l'on l'entend plus qu'on ne le voit.

Mais ça c'était avant le 09 mai dernier, quand lors d'une sortie "Pics"avec mes amis Claude et Christian, notre trio a conclu une superbe journée par cette coche photographique inattendue:

IMG_4441-1

Occupés à suivre le ravitaillement d'un couple de Pics noirs, nous avions régulièrement entendu un "kievitt", cri caractéristique de la Hulotte, qui venait de quelques vieux chênes situés près de la loge du Roi des Pics. En fin de journée, sur le chemin du retour, nous nous sommes intéressés à ce secteur en nous postant à différents endroits. Nous avons trouvé l'auteur des cris, posé dans la canopée des grands arbres qui nous entouraient.

IMG_4564-1

  C'est un oiseau de taille moyenne, à la silhouette trapue qui dégage une certaine impression de puissance. Le plumage de la Hulotte est tacheté gris, brun, avec une dominance de roux sur le dessus et beige sur le dessous. Sa tête est ronde et massive et ses yeux sont foncés. Ils laissent entrer entre 2 et 3 fois plus de lumière que l’œil humain, ce qui permet de chasser de nuit dans une obscurité presque totale. Cette vue perçante est complétée d'un système auditif renforcé par un masque facial qui sert de parabole sonique et qui oriente et amplifie les ondes sonores vers les conduits auditifs.

IMG_4445-1

La Chouette hulotte est un redoutable chasseur nocturne que l'on peut rencontrer dans les boisements et forêts, de basse et moyenne montagne, comme en plaine. Elle apprécie tout particulièrement les forêts de feuillus riches en proies, les vieux arbres, les chênes plus ou moins garnis de lierre. Elle est aussi présente au beau milieu des villes et des espaces colonisés par l’homme, à condition toutefois qu’elle y trouve de vieux arbres creux pour nicher et s'y dissimuler.

IMG_4598-1

Cette forte présence de la Hulotte tient principalement à son régime alimentaire très varié et éclectique, elle attaque ce que le milieu lui offre, allant de la limace aux rongeurs en passant par des batraciens, des insectes et des petits passereaux.

C'est l'affolement de ceux-ci qui nous l'a fait découvrir, à l'instar de la Chevêchette, autre prédatrice observée dans le Haut-Doubs; dont les déplacements sont toujours ponctués de cris d'alerte des petits oiseaux qui l'entourent et la harcèlent pour la faire fuir.

IMG_4497-1

Les scènes de chasse sont rares en journée car la Hulotte est sensible à la lumière qui l'éblouit. C'est pour cette raison que nous avons plutôt assisté à deux de ses occupations diurnes préférées: 

- prendre un bain de soleil, face tournée vers l'astre et les yeux clos.

IMG_4483-1

  - somnoler couchée sur une branche en s’appuyant sur ses poignets.

IMG_4563-1

 Les couples de Hulotte sont unis jusqu’à ce qu’un des deux partenaires meurt. Cette fidélité au couple est d’abord due à la fidélité au territoire. Une fois établit sur un territoire, elle ne le quitte plus et le défend farouchement contre les intrus. Depuis son poste d’observation, elle scrutait ainsi tous nos mouvements. Bizarre de se sentir ainsi observé...

IMG_4619-1

A cette époque de l'année, la couvaison assurée seule par la femelle, doit être arrivée à son terme et les oisillons vont être nourris au nid pendant une trentaine de jours. Les jeunes de l’année quittent le nid vers 1 mois avant de savoir voler. Ils se cachent dans les branchages et restent sous la dépendance alimentaire de leurs parents pendant encore 2 mois. Leur émancipation se fera en été, en juillet et août vers l'âge de 3 mois.

De belles perspectives pour revenir dans cette forêt dans les semaines à venir.

Si cette rencontre vous inspire un commentaire, n'hésitez pas à le partager.

A bientôt.

 

Posté par danieltrinkwell à 16:52 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

05 mai 2017

LA NOUVELLE FAMILLE " PIC EPEICHE".

Comme tous les ans au début du printemps, je pars à la recherche de sujets que j'aimerai bien suivre pendant la belle saison. Les destinations sont aussi multiples que les espèces et si le choix du terrain nous revient, avec toutes les précautions d'approche et aptitudes d'observation; c'est Dame Nature qui nous offre la plupart du temps, l'opportunité de rencontrer l'un de ses protégés et souvent ce n'est pas celui que l'on recherchait...

C'est dans ce but que je parcours depuis fin février, une grande parcelle forestière où j'entends et vois assez régulièrement le Pic noir. Mais cette année encore, pas de trace de loge du roi des Pics sur ce secteur. A force d'avoir le nez en l'air et les oreilles grandes ouvertes, j'ai pourtant repéré une multitudes de "petits" trous, récents ou plus anciens, qui pourraient faire le bonheur de Pics plus petits et moins nobles que le géant noir.

Début mars, pour avoir entendu des cris d'alarme en m'approchant d'un de ces arbres à pics (comme je les appelle), j'ai décidé de m'assoir, en partie dissimulé sous un filet, sur un tas de bois, à bonne distance du tronc. Une petite demie-heure d'attente, sans un bruit ni mouvement et la bonne surprise se produisit: un Pic épeiche s'était  envolé du trou que je surveillais, immédiatement remplacé au bord de celui-ci par un mâle qui venait prendre son tour pour couver. Une belle découverte!

IMG_0282-1

Certes le Pic épeiche est le plus commun des picidés, celui qui est le plus couramment photographié dans la famille, mais avoir l'opportunité de suivre un couple dans la belle aventure d'une couvée, me plaît bien. Il va falloir y consacrer du temps et surtout prendre toutes les précautions pour déranger le moins possible cette petite famille.

Le 20 avril, le couple se reliait toujours pour couver avec un manège bien précis. L'oiseau qui était hors du nid s'approchait discrètement du tronc, en essayant de se dissimuler à ma vue,

20042017-IMG_1016

rapidement, il poussait de petits cris qui invitaient le partenaire "couveur" à libérer la place. Ce scénario se reproduisait toutes les demies heures.

20042017-IMG_1040

En retournant le 29 avril sur place, changement d'ambiance. Le temps de m'installer, j'entendais le cri d'alarme du Pic. Vite dissimulé sous mon affût, je vis jaillir du trou l'un des adultes, de suite remplacé sur le tronc par son partenaire (le mâle), le bec débordant d'insectes. Les petits étaient nés.

29042017-IMG_2410

Le travail de nourrissage respecte également un rite bien précis. L'oiseau qui apporte la nourriture reste dans le nid pour nourrir et réchauffer les petits, pendant que le partenaire part à la recherche de proies. Quand il revient, un petit appel près du trou et l'autre lui cède sa place. Ce ballet se répète ainsi toutes les 4-5 minutes mais dans les jours à venir ce rythme va encore s'accélérer.

29042017-IMG_2421

La sortie du trou se fait à une vitesse impressionnante, qui met à mal la dextérité de nombreux photographes, dont la mienne.

29042017-IMG_2422

La fréquence de passage permet toutefois de faire ses gammes.

-Coucou je suis là-

29042017-IMG_2450

-et moi, je suis parti-

29042017-IMG_2451

- Me voila de retour -

29042017-IMG_2485

Les adultes ne font que se croiser sur le pas de la porte de la loge.

29042017-IMG_2463

A chaque fois, le départ est fulgurant dans une explosion de couleurs.

29042017-IMG_2464

La femelle partie, le mâle peut prendre tranquillement sa place dans le nid et distribuer les friandises qui débordent de son bec.

29042017-IMG_2529

J'ai changé ma tente de place. Le mâle a l'air surpris et hésite quelques instants

29042017-IMG_2546

avant de se lancer et de reprendre le rituel du nourrissage.

29042017-IMG_2548

Dans les prochains jours, le rythme va nettement s'accélérer et bientôt les petits montreront leur frimousse à l'entrée du trou, dans lequel les adultes ne pénétreront plus que pour faire le ménage. L'envol des jeunes Pics épeiches devrait se faire dans une petite dizaine de jours.

Encore de beaux moments à partager !

En attendant, merci d'avance pour votre passage et pour le commentaire qu'il vous a peut-être inspiré.

A bientôt pour la suite de cette aventure.

 

Posté par danieltrinkwell à 12:31 - - Commentaires [24] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

01 mai 2017

LE GRAND JOUR POUR LES PETITS CINCLES PLONGEURS.

Depuis le printemps 2013, j'ai la chance de pouvoir suivre durant la belle saison, les évolutions de plusieurs CINCLES PLONGEURS sur trois cours d'eau de ma région. Cet oiseau me fascine et dès mars, je pars tous les ans à sa recherche sur les berges de ces rivières auxquelles il reste fidèle.

Parfaitement bien décrit par Gilbert Blaising: "Voici un oiseau étonnant et unique parmi les passereaux. De la taille d'une grive ou d'un étourneau, comme eux il sait se percher, trotter à terre et voler, mais d'un vol très rapide et tendu comme une flèche. Il pratique avec maestria la plongée, la nage et la marche sous l'eau. Et ce, qui plus est, dans les eaux rapides, tumultueuses et bouillonnantes des torrents et ruisseaux, son domaine quasi exclusif. Il y évolue toute l'année sans nous quitter, même en hiver par des froids rigoureux".

Son portrait:

2014-04-24

En Lorraine, l'hiver est encore rigoureux et les torrents et autres ruisseaux à eaux rapides sont plutôt vosgiens que mosellans. Les rares rivières ou ruisseaux à courant rapide de mon secteur nord-mosellan et voisin, offrent pourtant de belles opportunités pour observer cet oiseau unique par son comportement. C'est en attendant le Martin pêcheur sur ma petite rivière préférée, en mars 2013, que j'ai pu photographier, certes de loin, mon premier Cincle plongeur local. Il s'adonnait avec entrain  à son exercice favori : plonger.

25042013-25042013-IMG_3057

Le Cincle plongeur passe sa vie près, dans et sous l'eau. C'est un insectivore qui se nourrit d'insectes et de larves aquatiques, de petits crustacés, de mollusques et de vers. Il se nourrira sur les berges en période de crue mais en période normale, c'est sous l'eau qu'il ira se servir.

2016-11042016-IMG_2357

Quelque soit la force du courant, le Cincle plongeur est capable de marcher et de voler sous l’eau pour capturer ses proies.

2014-04-09-5271

La parade pour attirer la femelle a lieu en février-début mars:  Les deux partenaires dansent l’un autour de l’autre, le corps dressé et en chantant. Lorsque la femelle accepte la nourriture que lui présente le mâle, la formation du couple est terminée.

05032013-05032013-IMG_1190

J'ai aussi pu l'observer lors de la construction de son nid, une grosse boule de mousse, dont l'entrée se fait par le dessous

2016-11042016-IMG_2293

Il est souvent garni de feuilles mortes et se trouve fréquemment sous ou à proximité d'une chute d'eau ou d'un pont.

2014-04-09-5358

A la recherche du "matelas" du nid.

12032015-IMG_7344-1

J'ai assisté à de nombreuses scènes de ravitaillement au nid par les adultes.

En eau calme

2014-04-24-7059

Près de la chute d'eau, qu'il devait traverser pour rejoindre les petits au nid.

14052013-14052013-IMG_3825

Cette année, j'avais retrouvé l'un de "mes" couples qui avait eu le malheur de voir son nid emporté par la crue du printemps dernier. Peu importe, ils sont revenus sur le même site, en changeant uniquement de place et en optant pour un support moins exposé au courant.

Le 10 avril dernier, le nourrissage battait déjà son plein et il fallait être vigilant pour ne pas rater l'envol des petits.

10042017-IMG_0444-1

C'est mon ami Christian qui a lancé l'alerte "envol des Cincles" en découvrant le lundi 24 avril, cette petite famille fraîchement envolée.

20170424 1

En réalité, quatre petits Cincles venaient de quitter leur nid et faisaient leurs premiers pas dans la "vraie" vie, scène qu'il m'était enfin possible de photographier.

Le plus téméraire dans son nouvel environnement

24042017-IMG_1721

Deux timides qui préfèrent une cavité dans la berge.

24042017-IMG_1704

Jusqu'au milieu de l'après midi, les jeunes Cincles sont restés dans un rayon de 10m autour du nid, attendant et réclamant la becquée.

- J'ai faim !!!! -

24042017-IMG_1766

- Le parent arrive -

24042017-IMG_1793

- La becquée tant réclamée -

24042017-IMG_1794

Ces scènes se sont reproduites toutes les 4 - 5 minutes, le temps aux adultes de trouver la nourriture pour les petits affamés.

24042017-IMG_1876

- Et moi, je n'ai rien reçu !!! -

24042017-IMG_1886

Les petits avaient vite compris que plus ils étaient "visibles" et mieux ils seraient repérés par l'adulte lors de sa venue. Il fallait donc bouger et se montrer, quitte à s'éloigner petit à petit du "jardin" familial.

Lui s'est perché bien en vue, au pied de la cascade

24042017-IMG_1923

et ça a marché

24042017-IMG_1929

Celui-là préfère la grimpette pour se montrer, alors qu'un timide reste en retrait sur la berge.

24042017-IMG_2214

-Position gagnante-

A peine nourris, les petits affamés en veulent encore, donnant l'impression de continuellement "engueuler" leurs pauvres parents engagés dans un va-et-vient incessant.

24042017-IMG_2241

Le plus téméraire s'éloigne de plus en plus du secteur natal en longeant la berge

24042017-IMG_2251

Profitant du moindre perchoir exposé pour se montrer

24042017-IMG_2091

et pour y être repéré et récompensé

24042017-IMG_2114

En fin de journée en quittant les lieux, j'ai retrouvé le plus intrépide à une bonne quarantaine de mètres du nid, perché au soleil et attendant la becquée, qui sera encore assurée par les parents pendant une quinzaine de jours.

24042017-IMG_2328

Après cette période, les jeunes Cincles tourneront le dos à leur site de naissance et chercheront leur propre territoire, souvent à proximité et sur le même cours d'eau.

24042017-IMG_2335

Même si le Cincle plongeur n’est pas très farouche et tolère bien l'homme à proximité du ruisseau; il lui faut malgré tout des tronçons de cours d’eau abrités des dérangements, pour la recherche de nourriture et la nidification. Il ne supporte, en particulier, pas la présence d’humains ou de chiens dans le cours d’eau lui-même, sur une longue durée ou à répétition. Cette nuisance humaine est certainement à l'origine de la fuite d'un des couples de Cincles plongeurs que je suivais sur un ruisseau prisé par des promeneurs, baigneurs et autres pique-niqueurs...

Alors savoir que sur une autre rivière, quatre jeunes vont bientôt faire entendre leur chant mélodieux avec en fond sonore le doux bruit du courant, me remplit d'aise et je peux dire que je ne suis pas le seul dans ce cas...

Merci d'avance pour votre commentaire sur la nouvelle vie de ces jeunes Cincles plongeurs.

A bientôt.

Posté par danieltrinkwell à 15:43 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,