Combien de fois l'ai-je entendue, combien de fois depuis tout gamin, l'ai-je imitée en soufflant dans mes mains jointes et combien de fois l'ai-je espérée mais jamais rencontrée et encore moins photographiée; elle c'est la fameuse CHOUETTE HULOTTE,  le rapace nocturne le plus répandu en France, que l'on l'entend plus qu'on ne le voit.

Mais ça c'était avant le 09 mai dernier, quand lors d'une sortie "Pics"avec mes amis Claude et Christian, notre trio a conclu une superbe journée par cette coche photographique inattendue:

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Occupés à suivre le ravitaillement d'un couple de Pics noirs, nous avions régulièrement entendu un "kievitt", cri caractéristique de la Hulotte, qui venait de quelques vieux chênes situés près de la loge du Roi des Pics. En fin de journée, sur le chemin du retour, nous nous sommes intéressés à ce secteur en nous postant à différents endroits. Nous avons trouvé l'auteur des cris, posé dans la canopée des grands arbres qui nous entouraient.

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  C'est un oiseau de taille moyenne, à la silhouette trapue qui dégage une certaine impression de puissance. Le plumage de la Hulotte est tacheté gris, brun, avec une dominance de roux sur le dessus et beige sur le dessous. Sa tête est ronde et massive et ses yeux sont foncés. Ils laissent entrer entre 2 et 3 fois plus de lumière que l’œil humain, ce qui permet de chasser de nuit dans une obscurité presque totale. Cette vue perçante est complétée d'un système auditif renforcé par un masque facial qui sert de parabole sonique et qui oriente et amplifie les ondes sonores vers les conduits auditifs.

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La Chouette hulotte est un redoutable chasseur nocturne que l'on peut rencontrer dans les boisements et forêts, de basse et moyenne montagne, comme en plaine. Elle apprécie tout particulièrement les forêts de feuillus riches en proies, les vieux arbres, les chênes plus ou moins garnis de lierre. Elle est aussi présente au beau milieu des villes et des espaces colonisés par l’homme, à condition toutefois qu’elle y trouve de vieux arbres creux pour nicher et s'y dissimuler.

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Cette forte présence de la Hulotte tient principalement à son régime alimentaire très varié et éclectique, elle attaque ce que le milieu lui offre, allant de la limace aux rongeurs en passant par des batraciens, des insectes et des petits passereaux.

C'est l'affolement de ceux-ci qui nous l'a fait découvrir, à l'instar de la Chevêchette, autre prédatrice observée dans le Haut-Doubs; dont les déplacements sont toujours ponctués de cris d'alerte des petits oiseaux qui l'entourent et la harcèlent pour la faire fuir.

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Les scènes de chasse sont rares en journée car la Hulotte est sensible à la lumière qui l'éblouit. C'est pour cette raison que nous avons plutôt assisté à deux de ses occupations diurnes préférées: 

- prendre un bain de soleil, face tournée vers l'astre et les yeux clos.

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  - somnoler couchée sur une branche en s’appuyant sur ses poignets.

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 Les couples de Hulotte sont unis jusqu’à ce qu’un des deux partenaires meurt. Cette fidélité au couple est d’abord due à la fidélité au territoire. Une fois établit sur un territoire, elle ne le quitte plus et le défend farouchement contre les intrus. Depuis son poste d’observation, elle scrutait ainsi tous nos mouvements. Bizarre de se sentir ainsi observé...

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A cette époque de l'année, la couvaison assurée seule par la femelle, doit être arrivée à son terme et les oisillons vont être nourris au nid pendant une trentaine de jours. Les jeunes de l’année quittent le nid vers 1 mois avant de savoir voler. Ils se cachent dans les branchages et restent sous la dépendance alimentaire de leurs parents pendant encore 2 mois. Leur émancipation se fera en été, en juillet et août vers l'âge de 3 mois.

De belles perspectives pour revenir dans cette forêt dans les semaines à venir.

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A bientôt.