Mardi 02 septembre, en ce jour de rentrée des classes, j'avais décidé, avec mon fidèle ami Christian, de prendre le chemin de l'école buissonnière et d'aller passer une journée sur les bords de quelques étangs de la Grande Région. Après une heure de route, une ambiance automnale nous attendait avec le soleil qui avait du mal à se débarrasser des bancs de brouillard. Chargés comme des mules, nous nous étions engagés dans un chemin de terre qui contourne une zone de marais au bout d'un étang, quand notre attention fut attirée par une silhouette sombre perchée au sommet d'un arbre mort: c'était lui, celui qu'on espérait rencontrer en cette période de passages migratoires, le BALBUZARD PÊCHEUR.

Qui est-il ? C'est un rapace piscivore également appelé "Aigle Pêcheur". Cet oiseau est d'une taille allant de 50 à 65 cm, avec une envergure de  150 à 160 cm. Son dos brun sombre contraste avec son ventre blanc. Un signe qui le caractérise: un large bandeau noir sur l'oeil (Christian le surnomme le "bandit masqué") et une légère huppe sur la nuque. En cette période de l'année, le Balbuzard Pêcheur migre des régions nordiques, où il niche, vers des climats plus cléments et s'arrête régulièrement sur les étangs de notre région, pour reprendre des forces.

Notre ami s'étant rapidement envolé, nous avons eu la bonne idée de changer d'étang et là nous avons été gâtés - deux Balbuzards sont venus y pêcher une dizaine de fois, malheureusement trop loin du bord pour faire une photo de concours mais bien bien en vue pour réaliser des photos documentaires que je vais partager avec vous.

Sa technique de pêche est spectaculaire. Il survole d'abord le plan d'eau à plus de 50m de hauteur.

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Lorsqu’il aperçoit un poisson, le Balbuzard pêcheur vole sur place jusqu’à ce que le poisson soit bien placé

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Puis commence le spectacle que Christian a mieux saisi que moi et dont il nous offre les photos qui suivent.

Après avoir localisé la proie, il descend rapidement par paliers, jusqu'à une dizaine de mètres de la surface de l'eau, avant d'entamer un piqué spectaculaire:

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Il plonge alors, tête la première, ailes repliées

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à une vitesse incroyable

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il fend l'air tel un "stuka en piqué" (merci l'ami)

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avant de tomber dans l'eau les pattes en premier, dans un gros "plouf" assourdissant accompagné d'une immense gerbe d'eau qui créait à chaque fois la panique chez les canards et autres foulques barbotant sur l'étang :

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Il y en a eu une bonne dizaine de "plouf" ce matin là.

Après avoir presque complètement disparu sous l'eau

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il réapparaît très vite, se hissant à la surface en prenant appui sur ses ailes

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avant de s'extirper difficilement de l'onde

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et de reprendre très rapidement son envol

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la plupart du temps lesté de sa proie bien agrippée dans ses serres, tournée tête en avant pour offrir le moins de résistance à l'air.

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de dos , de face, de coté, toutes les photos étaient bonnes à prendre malgré la distance;

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Le balbuzard se nourrit uniquement de poissons capturés à la surface de l'eau (carpes, tanches, rotengles, brèmes, voire brochets ...) qui pèsent généralement entre 150 et 350 grammes mais qui peuvent atteindre exceptionnellement jusqu'à 1 kg et mesurer de 20 à 35 cm.

Une fois le poisson attrapé, il disparaissait pendant de longues minutes pour aller dévorer sa proie, sur l'un de ses perchoirs situé à l'orée de la forêt toute proche.

Parfois le plongeon était infructueux, et il ne lui restait plus qu'à recommencer:

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Ils prennent leurs quartiers d'hiver au sud du Sahara et remontent vers le Nord en avril. La plupart des individus parcourent en moyenne 250 km par jour, ce qui explique le besoin de se ravitailler!

Espèce considérée comme rare dans l'Union Eeropéenne. Après quelques années d'un déclin accusé, il semble que la population, au moins à quelques endroits, ait commencé une récupération. Dans le passé, la chasse et la destruction des nids étaient ses menaces principales. Actuellement, des spécimens sont encore abattus car considérés comme nuisibles par des chasseurs et pêcheurs, mais la disparition des habitats et la pollution par organochlorés sont certainement ses problèmes les plus graves. Le Balbuzard pêcheur bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis l'arrêté ministériel du 17 avril 1981, relatif aux oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire.

Le lendemain de notre sortie, le "Républicain Lorrain" relatait dans un de ses articles, que le Domaine du Lindre ( en Moselle) recensait depuis 2007, deux couples de Balbuzards Pêcheurs qui, fidèles à leur partenaire comme à leur nid, reviennent désormais tous les printemps au coeur du Pays des étangs.

Alors c'est l'esprit plus léger que nous avons regardé s'envoler l'Aigle pêcheur et lui avons donner rendez-vous au printemps prochain. Bon voyage!

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Merci d'avance pour vos commentaires et à bientôt pour un nouveau message.